boucher

le boucher

Zlatko Milošević est né il y a 51 ans dans les Balkans au début de la guerre froide. Il est le produit illégitime de la copulation entre une haute dignitaire soviétique et son fils, agent infiltré du KGB. Il a été élevé dans le plus grand secret par un fermier rustre éleveur de truies du nom de Danko. Son goût pour la boucherie lui vient de sa plus tendre enfance. Son premier hachoir lui a été offert pour ses 4 ans. Il a toujours été précoce dans tous les domaines. Il impressionne physiquement dès sa naissance puisqu'il mesurait déjà 75cm et pesait 10,3Kg. Sa mère en est miraculeusement sortie indemne excepté son vagin qui est mort sur le coup. Mais ce qui a le plus étonné, c'est cette abondante moustache d'ébène qu'il arborait avec fierté dès sa venue au monde.

Danko a fait de lui l'homme qu'il est devenu, à la fois son père adoptif, précepteur, partenaire de pétanque norvégienne et amant. Danko étant un homme extrêmement cultivé, il a pu l'initier à l'art délicat du hachage, la survie en milieux hostiles et amicaux , il a développé une formidable faculté d'adaptation.

Avec cette éducation, Zlatko devint le colosse que l'on connait atteignant la taille d'1m98 pour 145kg à l'âge de 13ans. Mais il avait d'autres ambitions, d'autres rêves. Il lisait en cachette des recueils de poèmes de Baudelaire et Rimbaud traduits du...

chat

le chat

Le chat n’a officiellement aucun nom connu et ses origines sont incertaines. Pour les besoins de ce portrait nous l’appellerons arbitrairement Jean-Louis. Jean-Louis aurait été abandonné par sa génitrice avec 38 de ses frères et soeurs de la même portée dans un container rempli de pelotes de laine de mouton islandais en partance pour l’Acadie au Canada.

Une fois la destination atteinte, les routes de tous nos chatons ont divergé. Leur destin les a emmené aux quatre coins du monde par le biais de l’exportation des cartons de laine susmentionnés. Certains ont finalement fini rôtis et mangés par les populations locales qui gardaient la peau pour en faire des sous-vêtements fantaisie. Quelques-uns ont été érigés en animaux sacrés et vénérés comme des dieux, et d’autres comme Jean-Louis se sont lancés dans le business. Les plus malchanceux ont fini en animaux de compagnie...

Envoyé par erreur en Afrique, Jean-Louis se fit de nouveaux amis dans un cybercafé de Yamoussoukro et se lança avec eux dans les arnaques à la nigériane. Pendant plusieurs mois, Jean-Louis s’est fait passé pour une veuve atteinte d’un cancer du gros orteil cherchant un digne héritier. Il se constitua un beau pécule avec biensûr la complicité des autorités.

Un matin, en feuilletant un album de photos souvenir, il prit conscience du potentiel comique de ses semblables et inventa le concept des LolCats aujourd’hui mondialement connu. Il stoppa ses activités criminelles et rentra dans le rang en créant sa propre start-up. Son entreprise était florissante et son travail reconnu. Les hommages se sont multipliés sur internet et ailleurs, les lolcats déchaînèrent les foules, les célébrités en étaient gaga.

Lors d’un voyage d’affaires au Kenya pour y ouvrir une succursale, Jean-Louis partit faire une excursion à dos de zèbre et se retrouva piégé par un collègue qui voulait s’approprier par tous les moyens la marque LolCats. Inspiré par un célèbre dessin animé, le roublard envoya Jean-Louis se faire piétiné par un troupeau de gnous en rut qui passait par là.

Par chance, un colosse russe, légionnaire déserteur alors en pleine chasse, fût témoin de la scène. Il recueillit le petit félin agonisant et tenta à sa manière de lui donner quelques gouttes de lait pour le revigorer... N’ayant guère d’autres choix après avoir tout perdu, Jean-Louis devint à contre-coeur son animal de compagnie. Il s’envola alors pour Paris pour y attendre des jours meilleurs et décida d’emporter dans la tombe avec lui le secret de son histoire...

bertrand

bertrand

Bertrand Michaud est un jeune homme de 29 ans. Il est le fils unique de Cunégonde et Eugène Michaud, un couple de paysans vivant dans les terres les plus reculées de la Creuse dans une ferme particulièrement isolée. Bertrand est né dans la grange sur un lit de paille entre les bouses et les fientes de porc là où le couple Michaud avait pour habitude de forniquer après une dure journée de labeur. Le pauvre enfant était si chétif qu'il fallu près d'une semaine à la mère pour se rendre compte qu’elle venait d’accoucher. Le malheureux chérubin était resté pendu au bout de son cordon ombilical. Le traumatisme eu de lourdes conséquences sur le développement de l'enfant. Il resta prostré dans le sous-sol de la maison pendant les dix premières années de sa vie n'ayant aucun notion de langage hormis quelques grognements, sortant uniquement de temps à autre à la pleine lune pour errer dans les bois. Ses parents en avaient même jusqu'à oublié son existence.

Le désespoir et une forme de folie passagère le poussèrent à s'inventer Pitou son ami imaginaire. Pitou était son guide, son maître à penser. Le jour du dixième anniversaire de Bertrand, Pitou lui suggéra de partir à la découverte de ses origines. Bertrand s'exécuta et monta donc au rez-de-chaussée. Eugène son géniteur, pensant qu'il s'agissait d'un rôdeur, d'un petit animal ou d'un être venu de l'espace tenta de le chasser à l'aide de sa fourche jusqu'à ce qu'il se rende compte de son erreur. Cunégonde n'avait aucun souvenir de cette soi-disant progéniture et retourna immédiatement à la lecture de son roman de Marc Lévy dont elle était férue. S'en suivie une longue discussion d'environ 2 minutes entre Bertrand et son père lui expliquant qu'ils ne pouvaient le garder à la ferme plus longtemps et qu'il serait envoyé chez une lointaine parente pour être éduquer et faire de lui un homme. Bertrand n'avait évidemment rien compris, n'ayant jamais appris à parler. Pitou paru sceptique mais l'encouragea à suivre cette voie. Eugène enfourcha alors son side-car customisé et emmena Bertrand et Pitou à leur destination finale chez la tante Raymonde à Paris. La famille entière d'Eugène avait été décimée lors d'une cousinade par un virus ramené du Boukistan par le cousin Raoul. Inconscient, le pauvre bougre voulu simplement rapporter un souvenir original de son voyage. Raymonde est depuis ce jour la parente la plus proche de la famille Michaud. Elle gérait à l'époque un centre pour enfants sauvages, auto-mutilés, violeurs d'ours en peluche et pour tout ceux rejetés ou mis à l'écart de la société, ce qui sembla tout indiqué pour remettre Bertrand sur le droit chemin.

Plusieurs années passèrent et Pitou son ami fidèle se fit de plus en plus rare, fréquentant assidûment les bordels de la capitale selon ses dires. Puis sans prévenir il disparut totalement de la vie et de la vue de Bertrand. Bertrand appris petit à petit les rudiments de la vie en société mais resta cependant extrêmement refermé sur lui-même, effrayé à l'idée de rentrer en contact avec d'autres êtres humains. Raymonde, avant de passer l'arme à gauche, l'aida à se trouver un emploi et un logement pour pouvoir continuer à vivre par lui-même. Bertrand fit alors la connaissance de sa voisine et lui, le puceau qui n'avait jamais ressenti aucune attirance envers quiconque, hormis peut-être envers Pitou, se trouva totalement bouleversé par cette rencontre qui marqua pour lui le début des ennuis...

voisin

Le voisin

Alex Bukowski dit le Rat a vu le jour un soir d’orage, sortant des cuisses musclée d’une ancienne compétitrice en bodybuilding. Chétif malgré l’acharnement de sa mère à lui faire prendre du poids, Alex ne renvoie pas l’image attendue par sa génitrice. Dès l’âge de 10 ans, Dalila “Jambe d’acier” Bukowski, décide de coacher et de booster l’enfant. Au-delà d’un entrainement intensif fait de fonte, elle le shoote, à son insu, de produits aussi divers qu’illégaux. Deux ans et quelques mois d’hospitalisation plus tard, Alex ne dépassera pas le mètre 45. Son poids n’arrageant pas les choses Jambe d’acier met les voiles avec un jeunot élu nouvel espoir national de soulevé d’épaves.

Appeuré il n’ose sortir de chez lui. Suite au débordement de courrier et à une odeur plus que suspecte, le postier alerte la police qui découvre un tas d’os ambulants. Alex est dès lors pris en charge par l’assistance publique.

Alex démarre alors une vie itinérante passant d’une famille d’accueil à une autre jusqu’à tomber sur la famille Lapoche, curieux couple ayant visiblement vocation à s’occuper d’enfants dans la nécessité. Pas moins de 6 ados occupaient une belle maison. Il s’avère rapidement que ceux ci servaient de petites mains pour un trafique de stupéfiants à l’échelle du quartier.

Alex en chie et découvre la vie à la dure, entre l’isolement pour mauvais business et les altercations avec les concurrents et outsiders du coin, le visage angélique et émascié d’Alex devient plus marqué. Il arrive bon gré mal gré à tirer son épingle du jeu et développe une fourberie sans égal.

Après avoir fait pincer sa famille d’accueil à l’orée de ses 17 ans grâce à une obscure histoire d’amende impayée, il s’en va avec un pactol caché par monsieur Lapoche pour s’acheter un petit appart et se la couler douce pendant un moment.

Plusieurs mois à se nourrir d’herbe douce et à jouer du poignet, Alex se dit qu’il doit faire quelque chose de sa vie. C’est alors que Libellule emménage 2 étages en dessous. Plusieurs mois de vaine séduction ne cesse de le décourager déterminer à montrer un personnnage bien propre sur lui. Pourtant rien n’y fait, ce petit merdeux bien coiffé et bien rangé ne l’attire pas le moins du monde. Sacrément remonté par cette situation inconfortable et pour le moins frustrante, Alex démonte à coup de clé de voiture volée la veille dans la ville voisine un clodo non loin de chez lui devant le regard humide et admiratif de la dame qui l’observe depuis sa fenêtre.

Commence alors une idylle atypique et pimentée, entre ambiance musclée et … herbe douce.

voisine

La voisine

Une blonde aux jambes aussi longues que lisses enfile des escarpins quelque peu pailletées. Elle macule ses lèvres d’un rouge provoquant et sors de chez elle, vêtue d’une légère robe en dentelle.

Dans la rue, tous les regards se tournent discrètement vers elle. La demoiselle ne semble pas prêter attention marchant la tête haute et d’un pas lent et assuré. Passant devant une boulangerie encore ouverte alors qu’il fait déjà nuit, elle remarque le boulanger qui lui fait des signes de séduction ostensible.

Elle s’arrête, observe le sourire ringard du vieux vicelard et entre impassible dans la boulangerie. Le boulanger, surpris par tant d’audace, tache de garder une certaine contenance et tend la baguette commandée par la demoiselle. Celle ci sort de son décolleté un petit porte carte rose duquel elle fait tomber un preséservtif. Elle le ramasse sans décrocher du regard l’homme transpirant comme un porc.

Une boulangère boulangère débarque alors de l’arrière salle et observe la scène d’un air plus qu’agacé. La blonde tend une pièce au vieil homme lui effleurant la main et lui lachant un baiser discret dans sa direction. Elle se détourne alors regardant d’un sourire vicieux la boulangère qui se lance dans une violente dispute avec son compagnon.

La jeune femme éclate sans crier gare d’un rire psychotique effrayant chaque badaud qui la croise.

Telle est l’une des rares histoires que l’on connait de celle qu’on surnommera Libellule, fait relaté par un écrivain fauché qui venait également acheter sa demi baguette de la semaine vu le peu de sous qui lui restait ce soir là.

Synopsis

Un soir lunaire, dans une ville crasseuse et bruyante, Bertrand, sombre looser n'ayant pas plus de goût pour la vie qu'un chat traversant une nationale en pleine circulation, va commettre une malheureuse gaffe avec le chat de son terrifiant voisin boucher. Cet événement va changer à jamais le cours de sa morne existence.
Personnages décalés, gore et félin seront au menu de cette Sombre Soirée.

Making of

Sombre soirée est notre première expérience de création de bande-dessinée ainsi que notre toute première collaboration. Nous avions une vague idée du processus à respecter. Après avoir pas mal piétiné, changé d’idée, étoffé, annulé, recommencé, voire abandonné, on a fini par accoucher de ce premier bébé quelque peu dans la douleur. Mais malgré cela et malgré tous ses défauts, on a pris énormément de plaisir à le faire et on espère que vous prendrez autant de plaisir à le lire. :)

Scénario

Le scénario original est une création 100% Valgur. Il avait été écrit au départ pour en faire un court-métrage. N’ayant pas pu se faire pour diverses raisons, le scénario était resté en sommeil jusqu’à ce que Valgur propose à Fonzi de l’illustrer.

Recherche graphique

Après la lecture du scénario, Fonzi entama les premières recherches graphiques pour tenter de donner le ton de la future bande-dessinée.

Découpage et mise en scène

Fonzi et Valg se sont ensuite attelés à la mise en scène générale de la bande-dessinée. Plusieurs heures de franche rigolade à décortiquer chaque ligne du scénario pour la traduire en images… Forcément ça ne ressemble encore pas à grand chose mais ils se comprennent c’est l’essentiel.

Crayonné, encrage

Comme Fonzi est de la vieille école, c’est au critérium qu’il met au propre le travail précédent. Certains dessins peu satisfaisants dans la première version ont été améliorés pour la version finale.

Couleur

D’abord en noir et blanc hormis le sang qui restait rouge pour contraster, Fonzi, peu satisfait du résultat final a décidé de tout passer en couleur et de refaire au passage quelques crayonnés.

Dialogues, lettrage

On pose les bulles, on cherche une typographie adéquate et on écrit les dialogues. L’idée, dans les images comme dans les mots, est d’obtenir un effet crescendo.

Animations & Habillage sonore

Pour profiter du support multimédia qui est le nôtre, nous avons décidé de pousser l’expérience plus loin en y ajoutant quelques subtiles animations et un habillage sonore constitué d’un fond d’ambiance et de boutons contextuels pour rendre la lecture encore plus immersive.

Fonzi

Biberonné à Dragon Ball, aux Tortues Ninjas, aux Goonies et bien d’autres trésors des années 80, Fonzi a toujours aimé s’armer de ses crayons pour reproduire puis créer ses propres univers sur papier. Petit à petit les personnages, les créatures et les histoires prennent vie et ne cessent de faire leur petit bonhomme de chemin dans l’esprit de l’illustrateur. S’intéressant globalement à la pop culture et aux cultures underground, il y puise son inspiration. Un job s’est un jour avéré nécessaire pour continuer à exercer sa passion. Les études n’étaient pas son fort et il hésita longuement entre différents cursus : dresseur de fourmis, remplisseur de briquets, fabricant de nains de jardin... Son côté geek a finalement pris le dessus pour l’emmener surfer dans le monde merveilleux des internets et c’est dans un panier de crabes en 2011 qu’il rencontra son pote et partenaire de création, le bien nommé Valgur. Ils décident de créer le site Blaxtrip qui regroupera leurs créations artistiques communes. Sombre soirée marque le début de leur collaboration...

Valg

Autiste contrarié, Valg découvre très tôt l’antre merveilleux du videoclub de quartier et devient un amoureux des Z movies qui envahissent les rayons de l’époque. Lorsqu’il n’est pas devant une bonne VHS, Valg poursuit ses histoires et construit son univers avec comme acteurs ses figurines de plastiques. Devant se résoudre, face au regard désapprobateur de ses camarades, à mettre ses fidèles compagnons au placard, il cherche alors divers moyens de raconter des choses. Mais l’âge de l’avidité pointant le bout de son nez et curieux malgré tout des nouvelles technos web, Valg s’oriente vers la programmation. Quelques années passant, l’envie de raconter des histoires, de faire grandir des univers et plus largement de créer sur quelques supports que ce soit lui titille sévèrement le derrière. Il se remet dès lors à l’écriture et développe une première mouture de Sombre Soirée sous forme de continuité dialoguée. Il souhaite alors développer un projet Z en vidéo. Trop ambitieux, il envisage de passer à un autre projet plus modeste lorsqu’il croise le talentueux et touche à tout Fonzi. Le duo part alors sur de la BD non conventionnelle, réécrit le premier jet et l’aventure BLAXTRIP démarre.